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Une référence pour admirer les œuvres du peintre Jheronimus Bosch.

Les compositions du peintre flamand Jheronimus Bosch regorge d’allégories savantes, de bestiaires fantastiques et d’êtres énigmatiques ; elles ont donné lieu à bien des interprétations. Partant des recherches les plus récentes, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur l’artiste et son œuvre. On y apprend que sa peinture s’inspire de proverbes flamands et témoigne d’une profonde dévotion religieuse. Elle influença Raphaël, Dali, Magritte ou Escher. En regard de la reproduction de ses tableaux, des détails très agrandis et commentés mettent en lumière la portée symbolique de scènes où le Mal et le péché ne sont jamais loin.

« Les études récentes qui se consacrent à l’oeuvre de Jheronimus Bosch ont pris une direction bien différente en privilégiant la science. Des techniques sophistiquées ont permis de faire des pas de géant dans la détermination d’une chronologie bien plus plausible que celle sur laquelle on se fondait en l’absence presque totale de documents au début du siècle dernier et pendant encore une bonne partie de ce siècle. L’utilisation de la dendrochronologie – la méthode scientifique qui permet de dater la coupe de l’arbre dont le bois a servi au panneau sur lequel l’artiste a peint – a conduit les chercheurs à réduire le catalogue du peintre, en éliminant des oeuvres parfois célèbres qui, de fait, doivent être considérées comme des peintures d’atelier ou d’imitateurs. Une véritable révolution qui a permis aussi de modifier la perspective qui plaçait Bosch dans une sorte de “trou noir” où l’on faisait entrer, de manière un peu forcée, toutes les oeuvres qui avaient un lien thématique avec son extraordinaire poétique. Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour constater combien la peinture de l’artiste était demandée et imitée, en mettant en exergue des références manifestes : on pense à Bruegel, ou à Raphaël qui, dans le très célèbre Saint Michel terrassant le démon du Louvre, avait introduit des personnages démoniaques directement tirés de l’univers figuratif du peintre flamand. Un chapitre entier est ainsi consacré à ce que l’on pourrait définir comme la “longue lame de fond de Bosch”. Pour avoir une vision claire de la contribution du peintre dans l’histoire de l’art, il est en effet nécessaire d’étudier les répercussions de son langage après sa disparition. Et dans le cas de Bosch, la portée de ces répercussions est immense. » Marco Bussagli

© MUSEO NATIONAL DEL PRADO